Pochette de Qui parle à leur place ?

Album · 14 octobre 2026

Créations musicales hybridesVoix, instruments et paysages sonores

Qui parle à leur place ?

langagesterritoiresvivant

Texte original de l’album

Ce que porte cette œuvre.

Qui tient la caméra ? Qui garde la porte ouverte ? Qui recevra nos gestes dans cent ans ? J’ai réuni huit textes autour de ces passages : une parole qu’on coupe sur un plateau, un peuple qui invente son assemblée, des clés qui tintent sous la peau, une phrase qui se cherche en improvisant. Puis l’échelle change. Un signe respire, une douche devient paysage, un homme du futur écrit à moi-même, trois codons traversent une chanson en anglais.

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  1. 014:29Sa page →

    Une phrase lycéenne sort du cadre : le rap remonte les images, les sources et les voix pour lui rendre sa place.

    Des lycéens parlent ; quinze secondes d’images finissent par couvrir leurs phrases. Le texte remonte cette fabrique du récit, jusqu’aux certitudes de chacun et au souvenir personnel d’une élection. Son refrain revient en changeant de fonction : question sur ceux qui cadrent, puis appel à filmer, enquêter, composer ensemble. La colère cherche une mémoire précise, transmissible, capable de faire apparaître tout un territoire.

    Lire les paroles Paroles

    Français

    Devant les lycées ils ont seize, dix-sept, dix-huit ans, des sacs trop lourds, des futurs trop courts, des profs absents, des murs humides, des emplois du temps qui débordent et le climat qui brûle au fond du décor. Ils filment, ils bloquent, ils parlent, ils cherchent une forme assez forte pour traverser le vacarme, et déjà les plateaux découpent leur colère en séquences propres, classables, rentables. À chaque parole son coupable, à chaque pancarte son responsable, la caméra roule, la poubelle brûle, quinze secondes tournent en boucle et deviennent vérité nationale. LFI par-ci, ultragauche par-là, un bandeau rouge avale le paysage, le commentaire avale le témoignage, la formule remplace la phrase, la phrase finit hors-cadre. QUI PARLE À LEUR PLACE ? Qui serre le cadre, qui fabrique l’image ? QUI PARLE À LEUR PLACE ? Qui taille le réel pour tenir dans la cage ? Vous cherchez des chefs, des ficelles, des coupables, eux cherchent de l’air dans un monde inhabitable. QUI PARLE À LEUR PLACE ? Laissez-les finir leur phrase. Voilà l’hypnose ordinaire : choisir l’angle, saturer l’air, répéter le fragment jusqu’à ce qu’il devienne atmosphère. Un titre, un fil, un profil, un péril ; le récit glisse, devient mobile, viral, presque tactile. Chacun reçoit sa dose de confirmation, son canal, son camp, son confort mental, son roman permanent. On peut défendre Gaza jusqu’à confondre un peuple avec un gouvernement, défendre Israël jusqu’à rendre les Palestiniens transparents, flairer l’empire américain à dix mille kilomètres et devenir soudain docile quand le Kremlin déroule son propre fil. La propagande adore nos certitudes portables, partageables, confortables ; elle sait exactement où caresser nos angles morts. Et l’écologie traverse tout ça comme une veine sous le béton, une ligne d’air, une ligne d’avenir. Après les scrutins, les studios, les frontières et les guerres de narration, il faudra encore boire, manger, respirer, cultiver, habiter. L’écologie politique relie climat, social, énergie, sols, démocratie, économie, technologie, agriculture, ressources, guerre, alimentation. Le monde revient toujours entier. Puis Ségolène Royal arrive sur le plateau et lâche aux lycéens, en substance : ce gouvernement ne vous donnera rien, préservez-vous, attendez l’élection. La phrase frappe net, presque radicale, puis l’horloge reprend son ronron : attendez avril, attendez le scrutin, attendez encore un tour. Et forcément je reviens en deux mille sept. J’avais vingt-et-un ans, premier vote, Ségolène Royal ; je glisse le bulletin, Sarkozy gagne, rideau, générique national. Dix-neuf ans passent, joli détour, les dossiers remontent, les jugements tombent, association de malfaiteurs, ancien président de la République : savoure l’oxymore. Kadhafi dans l’histoire, millions dans les dossiers, pendant que nous, comme des cons, on comptait les bulletins. Ségolène Royal aurait dû gagner. Voilà. C’est dit. Pas de violons. Plan suivant. Plan suivant : les gamins ont maintenant dans la poche caméra, micro, radio, montage, mémoire, réseau mondial. Mille lycées filment le même matin : plafonds, classes, absences, budgets, blessures, horaires, paroles. Mille morceaux deviennent mémoire, mille mémoires deviennent carte, et le brouillard administratif commence à prendre une forme visible, vérifiable, partageable. QUI PARLE À LEUR PLACE ? Cette fois la caméra change de visage. QUI PARLE À LEUR PLACE ? Cette fois chacun construit son passage. Dix racontent un lycée, mille un territoire, cent mille voix reliées deviennent mémoire. QUI PARLE À LEUR PLACE ? Personne quand ils écrivent leur histoire. Un ministre donne un chiffre : remonte la source, suis le fil. Une chaîne coupe la phrase : retrouve la séquence, retrouve le profil. Une vidéo surgit au milieu d’une charge : cherche l’avant, l’angle, le contexte utile. Une intox circule chez les tiens : corrige-la vite, nettoie le récit, garde la méthode habitable. Alors filmez, composez, documentez, racontez. Faites des morceaux qui restent dans l’air, des cartes qu’on peut vérifier, des refrains capables de traverser la ville comme une onde claire. Reliez les chiffres aux visages, les blessures aux paysages, les colères aux horizons, les constats aux inventions. Le pouvoir connaît la foule, les barrières, les gyrophares, les parcours réglementaires. Il connaît beaucoup moins bien des milliers de personnes capables de produire ensemble une mémoire précise, mobile, transmissible, imprévisible. Que la colère prenne le son, l’écran, le terrain, la ville entière. Qu’elle devienne archive, enquête, musique, langage populaire. Qu’elle garde assez de rage pour déplacer les murs, assez de souffle pour traverser l’air, assez de beauté pour devenir mémorable. QUI PARLE À LEUR PLACE ? Qui serre le cadre, qui fabrique l’image ? QUI PARLE À LEUR PLACE ? Le futur déborde déjà du cadrage.
    Autour du morceau

    Qui a décidé que quinze secondes suffisaient à raconter un lycée ? Je pars de ces sacs trop lourds et de ces futurs trop courts. Puis le cadre s’élargit : plateaux, propagandes, écologie, souvenirs politiques, téléphones capables de devenir caméras et archives. Les mots se répondent par grappes : titre, fil, profil, péril. La phrase accumule, accélère, coupe, reprend son souffle au refrain.

    Le souvenir de mon premier vote entre dans ce montage avec sa colère personnelle. Ensuite, la caméra passe de main en main. Le même refrain accueille une autre possibilité : des lycéens qui documentent leur propre histoire. J’y cherche une colère qui sache vérifier ses sources, corriger ses erreurs et fabriquer des formes assez belles pour rester dans la mémoire.

  2. 023:54Sa page →

    Une télécommande du temps, une rivière à l’assemblée, des licornes aux frontières : le futur répond avec une malice politique très terrestre.

    Allô, est-ce que ça passe dans votre siècle ? Une télécommande ouvre une assemblée où la rivière siège, les machines se réparent et les arsenaux deviennent instruments. Le rap avance par zappings, rimes en cascade et réponses collectives. Entre le basilisque du guichet et la main peinte à l’ocre, la fiction invente une citoyenneté fondée sur le fait d’habiter et de prendre soin.

    Lire les paroles Paroles

    Français

    Allô… allô… est-ce que ça passe, là-bas, dans votre siècle ? Ici c’est moi, un peu plus loin sur la route. J’ai trouvé la télécommande du temps. Je zappe. Quatre mille voix tressées sous la voûte d’une seule chambre, Pas d’élus : des présents. Habiter, c’est être membre. La bergère, le soudeur, la gamine aux yeux d’ambre, Et la rivière en personne, qui siège depuis novembre. On a dissous les partis comme on dissipe un tumulte, Ni gourou ni chef de meute, ni campagne ni culte ; Au centre, un miroir d’obsidienne que chacun consulte : Qui ment s’y voit en fumée, et tout l’hémicycle exulte. Ici, personne ne te demande ta souche, On te demande ce que tes mains touchent : La terre où tu restes, pas celle qui t’accouche… Et la dernière cartouche siffle un air au coin d’une bouche ! Zap ! Les bornes-frontières broutées par des licornes, Zap ! Les canons fondus en cloches et en cornes, Zap ! On fait la ronde du Cancer au Capricorne, Je vous parle du futur, et le futur n’a plus de bornes ! T’es d’où ? D’ici ! Depuis quand ? Depuis que j’y respire ! ×2 La monnaie ? Une seule, légère, à peine un chiffre Qu’on se passe en chantonnant comme on se prête un fifre ; Le revenu tombe à l’aube, même un enfant le déchiffre : Assez pour vivre debout, et plus personne ne s’empiffre. Sourciers et satellites comptent l’eau, le cuivre, le seigle, On partage d’un seul regard, de très haut, comme un aigle ; Les machines vivent cent ans, la panne n’est plus la règle, Et l’artisan qui répare est un sorcier espiègle. Zap ! Les arsenaux en fusion, j’ai vu fondre les hallebardes, On en a fait des charrues, des tambours, des guimbardes ; Le dernier général s’est reconverti en barde : Il chante faux, mais il chante, et la paix monte la garde. Zap ! L’armée du monde débarque en sauveteurs, sans heaume, Avec des pelles, de l’eau claire, des berceaux et du baume ; Les gardiens de la paix n’ont plus d’autre arme que leurs paumes, Et les prisons sont devenues des jardins sous le chaume. Plus de bourreau, plus d’échafaud, plus de cellule-tombe : On répare en rêvant, chaque nuit lâche sa colombe ; La Mutuelle des Peuples soigne en averse, soigne en trombe, Et l’élixir de l’aube a remplacé l’hécatombe. Avant les drapeaux, les couronnes et le cadastre, Quelqu’un souffla de l’ocre autour de sa main, loin des astres. Pas un titre, pas un sang, pas le butin d’un désastre : Juste « j’étais là ». La paume où toute la Terre s’encastre. Depuis, le chêne a voix, la rivière a son avocate, Le loup signe la Charte d’une empreinte délicate, On dessale la mer, on la verse au sable en sonate, Et le désert reverdit : vert, puis mauve, puis écarlate. Zap ! Les villes sont des serres, des coupoles de rhubarbe, Des toits de thym, des façades tressées de joubarbe ; On y mange ce qu’on sème, la cité rit dans sa barbe, Et les feux d’artifice ont vidé la sainte-barbe. Zap ! Les portails tournent sous nos pas comme les sillons d’un disque, Plus de visa, plus de tampon, plus de mur, plus d’obélisque ; Le seul guichet qui reste est tenu par un basilisque Qui demande en souriant : « Tu restes ? » Et c’est tout le risque. Zap ! Les écrans n’endorment plus, ils enseignent l’algèbre Du doute et de l’écoute, qui dissout les ténèbres ; Les druides font école dehors, sous un tilleul célèbre, Et chaque gamin sait lire un nuage, une pierre, un zèbre. Zap ! Les bornes-frontières broutées par des licornes, Zap ! Les canons fondus en cloches et en cornes, Zap ! On fait la ronde du Cancer au Capricorne, Venez, je vous attends : le futur n’a plus de bornes ! Ceci est un souvenir que vous n’avez pas encore. Restez. Soignez. Posez la main quelque part. On se retrouve ici.
    Autour du morceau

    Allô… j’ai trouvé une télécommande qui change de siècle. Chaque « Zap ! » déplace une institution : l’armée devient secours, les prisons jardins, les frontières pâture à licornes. La rime accueille le seigle, l’aigle et l’artisan espiègle ; un général reconverti en barde chante faux avec application.

    Dans cette assemblée, la rivière possède une place et la résidence donne voix. Je fais entrer les ressources, la réparation, le revenu, l’éducation et le vivant dans une même fantaisie politique. Le passage par la main d’ocre ramène tout à une trace très simple : quelqu’un était là. Puis le refrain reprend sa ronde. Ce futur parle avec des outils, des plantes, des gestes et assez d’humour pour qu’on ait envie d’y rester.

  3. 034:10Sa page →

    Une boulangère, une rivière, un détour et une part de quiche : chaque rencontre ajoute une clé au carillon du corps.

    Le trousseau qui devient charley donne au morceau son idée de départ : la vie peut tinter depuis l’intérieur du corps. Les clés viennent d’un voisin, d’une baignade, d’un enfant, d’une musique presque inentendue. Les rimes bondissent entre astrolabe, crabe et quiche ; les « cling-clang » font réponse. À la fin, le « je » devient « on » et l’expérience se confie à quelqu’un qui arrive.

    Lire les paroles Paroles

    Français

    Intro : un trousseau secoué en rythme, qui devient la charley Écoute… ça sonne. J’ai passé ma vie à fouiller les portes, les guichets, les trappes, Les livres à double fond, les villes aux mille étapes ; Des cartes géantes partout, impossibles à replier, des nappes ! Je cherchais où file le temps : il m’attendait aux agapes. Puis un soir, à la fenêtre, j’entends tinter une breloque, Pas dans ma poche, pas dans la rue, pas au fond de la bicoque… Ça vient de moi ! Je ris tout seul, comme un ventriloque : Je lève un bras, ça sonne ; je respire, ça fait toc-toc ! J’ai des clés sous la peau, des étoiles en carillon, Je marche et ça tinte, je danse et ça fait cotillon, Des chemins minuscules qui s’allument en tourbillon, Et la ville me répond, porte à porte, sillon par sillon ! Je ne sais pas tous leurs noms : l’une ouvre les campanules, L’autre ouvre le silence, une autre le bal des noctambules, Et la plus petite, la plus folle, la plus minuscule, Ouvre en grand le fou rire du monde, et le monde bascule ! Cling-clang ! Ça s’ouvre ! Cling-clang ! Ça danse ! ×2 La première, la boulangère me l’a donnée d’un « comme d’hab ? », La deuxième, un vieux voisin, dans sa langue, en trois syllabes, La troisième, la rivière, l’été où j’ai nagé comme un crabe, La quatrième, la nuit : elle m’a prêté son astrolabe. Y a celle de l’enfant qui fait de trois bouts de bois une fresque, Un royaume de cailloux, un dragon de liège, un roi burlesque ; Y a celle de l’homme qui relance sa musique, que personne n’entend, ou presque, Mais les arbres battent la mesure en arabesques ! Et mes détours, mes zigzags, mes chemins en friche, Je croyais m’égarer : j’avais juste une carte plus riche, Des spirales en cachette, des sentiers qu’on défriche… Chaque pas de travers m’a rapporté une clé, et une part de quiche ! Chaque trace gardait son code, comme la sève dans la branche, Chaque joie, chaque vertige, une boussole qui se déclenche ; Tout ce que j’ai vécu vibrait comme une anche, Et la vie jouait sa musique, le lundi comme le dimanche ! Un jour, quelqu’un arrivera, valise à roulettes, bonnet de peluche, Je décrocherai de mon bras ma clé la plus douce, ma coqueluche, Je lui dirai : « Tiens : le marché, la rivière, les voisins, la ruche… », Et cet hiver on partagera le feu, la soupe et la bûche ! (parlé) Une clé, ça ne s’hérite pas. Ça se confie. On a des clés sous la peau, des étoiles en carillon, On marche et ça tinte, on danse et ça fait cotillon, Des chemins minuscules qui s’allument en tourbillon, Et la ville nous répond, porte à porte, sillon par sillon ! On ne sait pas tous leurs noms : l’une ouvre les campanules, L’autre ouvre le silence, une autre le bal des noctambules, Et la plus petite, la plus folle, la plus minuscule, Ouvre en grand le fou rire du monde, et le monde bascule ! Toc toc. Entre. C’est ouvert.
    Autour du morceau

    La part de quiche m’importe autant que l’astrolabe. Elle garde les pieds du texte dans une vie qui se partage à table. Ce personnage fouille les villes, les livres et les guichets ; son propre corps finit par sonner. Chaque détour rapporte une clé, chaque rencontre ouvre une autre manière d’habiter.

    Le trousseau proposé en introduction devient une idée de percussion. Les « cling-clang » prolongent le jeu, tandis que les rimes passent du carillon aux campanules, du burlesque aux arabesques. J’aime ce moment où la carte s’enrichit grâce aux chemins de traverse. Une personne arrive avec sa valise ; on lui confie le marché, la rivière, les voisins. Le dernier refrain se conjugue ensemble. Toc toc : la chanson a préparé une place.

  4. 042:31Sa page →

    Émerger, immerger, chanter : une phrase traverse l’intériorité, les fleurs du système solaire et revient vers la solidarité entre les vivants.

    Les mots avancent dans un flot presque sans ponctuation. Comprendre, accepter, émerger, immerger : l’improvisation trouve ses passages dans leurs voisinages sonores et leurs déplacements de sens. Le champ de fleurs atteint les confins du système solaire, puis la phrase revient les pieds sur terre. L’élan intérieur rejoint la solidarité, la paix et cette affirmation finale, toute simple : vive la vie.

    Lire les paroles Paroles

    Français

    Inspiration création connexion à soimême entrer dans le monde de l'imaginaire des émotions de l'Intériorité comprendre l'univers comprendre la joie comprendre qu'on ne comprend rien accepter l'indomptable improviser des mots laisser jaillir le flot de l'improvisation féconde laisser jaillir le sens de l'expression **** et émerger et immerger s'immerger dans ces chanter plonger dans l'univers à aborder toutes les thématiques avec douceur et pragmatisme enchanter le monde, rêver en couleurs et parfois en noir et blanc souvenirs ultime mémoire du temps expression sereine chant des profondeurs de l'univers champ de fleurs aux confins du système solaire et puis on peut revenir les pieds sur terre la solidarité humaine et tout ce qui est possible c'est entre nous c'est maintenant c'est possible c'est l'humanité Nous sommes là et nous ne reculerons devant rien nous sommes pour la paix l'humanité vive la vie
    Autour du morceau

    Émerger. Immerger. S’immerger. Une proximité de sons suffit à faire bifurquer la phrase. Ici, les mots cherchent leur chemin pendant qu’ils arrivent : inspiration, joie, incompréhension, indomptable. Je laisse cette matière garder ses aspérités, ses reprises et ses endroits encore ouverts.

    Le texte passe du dedans aux profondeurs de l’univers, rêve en couleurs puis en noir et blanc, plante un champ de fleurs au bout du système solaire. Et soudain il revient : les pieds sur terre, entre nous, maintenant. Ce retour donne au flot sa direction humaine. L’improvisation féconde peut accueillir l’émotion et le pragmatisme dans une même respiration. Au bout de cette longue phrase, la paix et la solidarité prennent place parmi les choses qu’il devient possible de chanter.

  5. 054:53Sa page →

    Passe le fil, garde la place : les signes du Langage Vivant deviennent une partition de gestes, d’écoute et de création commune.

    Croissance, conscience, mouvement, interconnexion : les opérateurs du Langage Vivant jalonnent la chanson. Une goutte rejoint la main, la rivière traverse le village et un fil passe entre plusieurs gestes. Le refrain rassemble sans effacer les manières de chacun. Puis « Inspire » et « Expire » ouvrent des espaces dans le texte ; l’écoute se resserre autour d’une onde, avant que la trace reparte vers d’autres mains.

    Lire les paroles Partition chantée

    Glyphes et langage kaïrophonique

    ☍ Croissance Une goutte au bord de la main une ligne cherche la terre quelque chose pousse en silence sous la peau de la lumière ⚪ Conscience Une chambre d’eau se soulève juste derrière mes côtes j’entends le monde de l’intérieur avant même qu’il porte un nom 〰 Mouvement La rivière passe dans mes bras le chemin tourne avec mes pas une courbe traverse le village et revient dormir dans le paysage ✣ Interconnexion Quelqu’un répond depuis plus loin une fenêtre, une voix, un jardin un point appelle un autre point puis dix chemins apparaissent soudain De rive en rive de main en main le fil avance et change de terrain Une lumière cherche une autre lumière quelque chose circule entre nous et la terre ∿ Entraide → ⟁ Création collective Passe le fil garde la place laisse nos gestes trouver leur espace Passe le fil de main en main ce que nous faisons ensemble respire plus loin Écoute la corde écoute le bois écoute la voix qui arrive jusqu’à toi Passe le fil garde la place quelqu’un viendra continuer la trace Sur la table il y a de la terre un bol d’eau, des graines, du papier quelqu’un répare une vieille chaise quelqu’un dessine le bord d’une forêt Une enfant déplace trois cailloux un homme enregistre le vent deux corps inventent quelques pas une main retient le tissu doucement Chaque geste garde sa manière chaque voix possède son endroit et quand leurs rythmes se rencontrent une autre forme apparaît sous nos doigts Passe le fil garde la place laisse nos gestes trouver leur espace Passe le fil de main en main ce que nous faisons ensemble respire plus loin Écoute la corde écoute le bois écoute la pluie qui traverse les toits Passe le fil garde la place quelqu’un viendra continuer la trace ⌇⌇ Respiration Inspire la pièce devient plus grande Expire un peu de couleur s’en va Inspire j’entends une aile sur l’eau Expire j’entends tes pas 2 secondes de silence réel ⌾ Écoute Reste encore un instant j’écoute La feuille revient très loin l’eau revient contre la rive un pas revient une voix revient Le fil tremble encore Je pose la main près de l’eau sans chercher à la retenir Une onde part de mes doigts ∿ Entraide + ⟁ Alliance Passe le fil garde la place laisse nos gestes agrandir l’espace Passe le fil de main en main la terre se souvient du passage humain Écoute la corde écoute le bois écoute les voix qui respirent avec toi Passe le fil garde la place quelqu’un viendra continuer la trace ∞⁻ Mystère La feuille l’eau les chemins les mains le souffle la voix tout reste là en traces minuscules au bord du dessin longue expiration un trait entre
    Autour du morceau

    Passe le fil. Cette petite consigne peut circuler entre une personne qui répare une chaise, une enfant qui déplace trois cailloux et quelqu’un qui enregistre le vent. La chanson leur garde une place commune. Les signes nomment ses mouvements : ☍ Croissance, ⚪ Conscience, 〰 Mouvement, ✣ Interconnexion, puis entraide et création collective.

    Le refrain revient avec des variations discrètes : une voix devient pluie, les gestes trouvent puis agrandissent l’espace. Plus loin, « Inspire » et « Expire » laissent une pièce entière entre les mots. La partition accompagne ce trajet avec des changements de mesure et un passage vers l’écoute libre. Le mystère reste au bord du dessin. Un trait entre ; quelqu’un pourra continuer la trace avec sa propre manière de faire.

  6. 064:07Sa page →

    Une douche devient rivière, réseau et cosmos : de petites cellules vocales suivent l’eau jusque dans le paysage du corps.

    Sous la douche, l’eau change d’échelle : canalisation, océan disparu, cellules, nuages et pluies futures entrent dans la même pièce. Des syllabes comme « va », « ro », « kaw » et « masa » ponctuent les phrases et composent une matière vocale propre. Le corps devient traversable ; son battement rencontre le rythme de l’eau. La dernière cellule recommence, comme une pousse qui trouve encore un passage.

    Lire les paroles Partition chantée

    Glyphes et langage kaïrophonique

    Sous la douche, l’eau change d’échelle. vi… va vi kaw va-vi… kaw du ro du-ro kaw va / va / va jo— ro va jo en ro Nuage. Rivière. Roche. Canalisation. Pluie ancienne. Océan disparu. jo jo en ro jo… ro… Ma respiration prend de la place. lu— lu du ro lu… du… du sa ha ha… Peu à peu, le bruit de la douche révèle sa musique. va va va / ro va-ro / va-ro / ha reha… reha va ro ha Je suis traversable. na du li vi ro sa jo na-du / li-vi / ro-sa-jo du ro li vi ro sa jo— ya… du ya du sa ba ha sa… ba… ha Des parties éloignées de moi recommencent à communiquer. Mon souffle descend plus bas. lu ro lu… ro… Ma peau devient poreuse au monde. du kaw kaw… Des milliards de cellules échangent silencieusement pendant que je prends une douche dans une petite pièce quelque part sur Terre. ka ka ka ka sa ro ka-sa / ro ka sa / ka sa / ro Le cosmos possède parfois la taille d’une salle de bain. va vi kaw va… kaw vi ae vi… ae… pa kaw pa… ae… kaw Puis quelque chose s’accorde. ko ha ko-ha masa masa… masa… Le battement de mon cœur rejoint le rythme de l’eau. ko ha masa Derrière le mur, les tuyaux prolongent ce mouvement vers un réseau immense : rivières, nappes souterraines, réservoirs, nuages, pluies futures. ro sa kaw jo ro-sa / kaw-jo ro sa ro sa jo— Une eau très ancienne me traverse aujourd’hui. jo ro en jo ro Elle repartira vers d’autres corps, d’autres sols, d’autres racines. ro sa ro… sa… Pendant quelques minutes, je deviens l’un de ses paysages. va kaw na Et quelque chose en moi recommence à pousser. jo-ma jo-ma ma…
    Autour du morceau

    Sous la douche, il y a parfois davantage de monde que dans une carte immense. L’eau relie la salle de bain aux rivières, aux nappes souterraines, aux réservoirs et aux pluies qui viendront. Au milieu de ce réseau, un corps écoute ses propres échanges.

    Les phrases françaises alternent avec de petites cellules vocales : « va vi kaw », « na du li vi », « ko ha masa ». Je garde leurs syllabes telles qu’elles sont, avec leurs coupures, leurs étirements et leurs reprises. La partition les imagine comme des gouttes, des réponses latérales et une texture cellulaire. « Je suis traversable » devient le centre de cette scène. L’eau ancienne repartira vers d’autres corps et d’autres racines. Quelques minutes suffisent pour devenir l’un de ses paysages.

  7. 076:22Sa page →

    Elmer écrit depuis un siècle qui se souvient de Carlos : nos gestes d’aujourd’hui reviennent comme une lettre du futur.

    Une voix du futur adresse à Carlos une lettre faite de carnets retrouvés, de chansons sauvées et de gestes transmis. Les couplets racontent une civilisation où récits, sciences, corps et territoires travaillent ensemble ; le refrain rattache demain aux actes d’aujourd’hui. Elmer, gardien des passages, pose la question « Qui écrit qui ? ». La fiction retourne ainsi la mémoire vers ceux qui sont encore en train de créer.

    Lire les paroles Paroles

    Français

    Carlos, je t’écris d’un siècle qui se souvient de toi. Ici, les années poussent en cercle. Le futur possède aussi des souvenirs. Et certains portent ton écriture. Je vous écris d’un temps très loin devant, où vos visages circulent encore dans le vent, où deux mille vingt-cinq ressemble à une enfance, une époque traversée de vertige et de naissance. Nous connaissons vos villes, vos nuits, vos questions, vos écrans allumés jusque dans les maisons, vos mains cherchant encore une forme à la Terre, vos voix qui inventaient leur chemin dans la poussière. Carlos, j’ai retrouvé quelques mots de tes carnets, des phrases de quatorze que le temps transportait, un homme y respirait au milieu du vacarme, et son souffle avançait beaucoup plus loin que ses larmes. Vous appeliez cela hasard, intuition, rêve ou mémoire. Chez nous, cela porte un autre nom : le futur qui remonte le courant. Nous venons de demain par vos gestes d’aujourd’hui, nous habitons déjà quelque part dans vos vies. Chaque amour laisse une adresse, chaque regard construit du temps, ce que vous semez nous traverse, la mémoire remonte le temps. La mémoire remonte le temps. Ici, chaque enfant apprend plusieurs façons d’écouter une rivière avant toute décision. Les anciennes frontières vivent dans les musées, à côté des vieux drapeaux et des cartes déchirées. Nos villes suivent l’eau, les saisons, les migrations, les arbres participent aux plans d’habitation, la science et les récits travaillent sur la même table, avec la part du doute au milieu du partage. Nous avons découvert quelque chose d’étrange : une civilisation change quand la qualité de ses relations change. Alors vos petites scènes comptaient énormément : un repas partagé, une main, quelques secondes de silence, une personne accueillie au milieu de sa différence, tout cela voyageait. Tout cela nous construisait. Nous venons de demain par vos gestes d’aujourd’hui, nous habitons déjà quelque part dans vos vies. Chaque amour laisse une adresse, chaque regard construit du temps, ce que vous semez nous traverse, la mémoire remonte le temps. Carlos, tu cherchais parfois très loin ce qui vivait déjà dans tes mains. Dans les oiseaux. Dans les langues. Dans les spirales dessinées au sol. Dans cette étrange obstination à relier des choses que votre époque rangeait dans des pièces différentes. Musique. Mémoire. Territoire. Corps. Histoire. Chez nous, leurs chemins se croisent davantage. Nous avons appris que relier constitue aussi une manière de connaître. Alors certains de tes fragments sont restés. Une phrase dans une école. Un chant dans une archive. Un glyphe gravé près d’une source. Et cette vieille injonction devenue presque enfantine : Respire. Nous sommes vos arrière-petits-enfants. Et leurs enfants. Et ceux qui portent encore des morceaux anonymes de vos existences. Une chanson sauvée par quelqu’un. Une graine transportée ailleurs. Un mot traduit cent fois. Un geste reproduit sans connaître son origine. Voilà comment vous vivez ici. Votre époque imaginait le futur devant elle, nous regardons votre temps à travers nos prunelles, et parfois la distance se replie doucement, un souvenir descend vers son propre commencement. Alors quelqu’un, chez vous, reçoit soudain une phrase, une image sans origine, un rythme, une extase, une sensation précise arrivée beaucoup trop tôt, et commence à écrire ce que nous savons déjà là-haut. Peut-être que vos artistes sentent ainsi nos mémoires, comme la mer reconnaît la Lune dans le noir, peut-être que certains rêves traversent les générations et déposent leur lumière au fond d’une chanson. Pont — Elmer Je m’appelle Elmer. Mon travail consiste à garder les passages. Je veille sur les récits qui arrivent avant leur époque. Je connais votre année à travers ce qu’elle nous a transmis. Et depuis très longtemps une question revient : Qui écrit qui ? L’être humain écrit-il le futur ? Ou le futur apprend-il parfois à devenir humain à travers lui ? Nous venons de demain par vos gestes d’aujourd’hui, nous circulons déjà dans le profond de vos vies. Chaque vivant laisse une adresse, chaque rencontre agrandit le temps, vos voix voyagent jusqu’aux nôtres, la mémoire remonte le temps. Vous êtes dans nos langues, nous sommes dans vos chants. Deux époques se regardent à travers le même instant. Et peut-être qu’en lisant ces mots Carlos, tu accomplis simplement un souvenir que nous avons depuis longtemps. Respire. Quelqu’un, très loin dans le futur, se souvient déjà de cet instant.
    Autour du morceau

    Carlos, je t’écris d’un siècle qui se souvient de toi. La chanson commence par cette adresse et déplace aussitôt le sens du temps. Les descendants regardent nos gestes comme les matières qui les ont construits : un repas, une graine, une traduction, une personne accueillie.

    Puis Elmer se présente. Il garde les passages et les récits arrivés avant leur époque. Sa question traverse la lettre : qui écrit qui ? Le refrain relie nos actes à leurs existences ; les couplets rapprochent des disciplines que notre époque range encore dans des pièces séparées. Cette fiction donne aux fragments modestes une longue portée. Une phrase peut revenir dans une école, un chant dans une archive, un glyphe près d’une source. Le dernier mot demande simplement de respirer.

  8. 083:59Sa page →

    AAA, ACC, AAG : trois cellules vocales traversent une chanson où l’imagination germe dans le souffle et prend soin des relations.

    Le vent entre dans la voix, la pluie écrit sur la vitre et une graine se souvient de respirer. Le texte anglais fait revenir AAA, ACC et AAG comme cellules de germination, de vibration et de présence. Leur trame accompagne les images et revient dans les refrains. Créer y signifie entretenir la relation ; chaque rive peut recevoir les autres et chaque écoute agrandir le réel.

    Lire les paroles Partition chantée

    Partition codique ADN

    Wind moves inside the voice. I stand here, at the edge of what we call the real. The world rustles, hesitates, and something in me listens. AAA… ah–ah–ah… The seed remembers how to breathe. Verse I — AAA : Germination Every breath draws the unseen closer. AAA… the ground hums beneath my ribs. I am not looking to understand, I am here to feel what arrives. Images form where sound once slept. Imagination becomes direction. AAA… germinating light within air. Chorus I — ACC : Vibration Imagination… ACC ACC — aa-cc-aa — Not machine, not mirage — a pulse returning home. The rain writes faces on the glass, each drop remembering a name. ACC ACC… the living resonates with the living. Verse II — AAG : Presence I walk with the world, not above it. AAG AAG — breath folded into breath. Each image becomes a bridge, each bridge, a shared matter. A light without form rises through the real. The softness of its name helps it appear. Bridge — A/L/V Weave To create is to tend the relation. To greet the multiple. To accompany what searches for its own shape. AAA ACC AAG — spiral of voices, thread of souls. The gesture follows the rhythm of the real, and leaves its trace like calm fire. Imagination… AAA — ACC — AAG — A word, a presence, a pulse. Imagination… AAA — ACC — AAG — The breath remembers its design. I sign from my shore, and my shore receives the others. Each true listening expands the real. AAA ACC AAG — Weavers across time — singing through the dust, through the skin, through the silence between heartbeats. Imagination… AAA… ACC… AAG…
    Autour du morceau

    AAA ouvre une germination. ACC revient comme vibration. AAG plie le souffle dans le souffle. Ces trois codons possèdent ici une place écrite et chantable : ils reviennent avec l’imagination, relient les sections et donnent au texte anglais sa trame propre.

    La graine, la pluie sur la vitre et la lumière sans forme conduisent une pensée attentive à ce qui apparaît. Une image devient pont ; le pont devient matière partageable. La partition A/L/V tisse les trois cellules, puis le dernier passage accueille les autres rives. Je garde les lettres et leurs vocalisations exactes, jusque dans les suspensions finales. Cette pièce propose une imagination qui prend soin des relations et laisse une trace entre la poussière, la peau et l’espace séparant deux battements.

Récit complet

L’album, de l’intérieur.

Le rap porte les questions et les images en cascade. Les cellules vocales, les glyphes et les refrains font circuler autrement le sens : par le souffle, la répétition, le fil tendu entre plusieurs voix. L’humour accueille une part de quiche au milieu des étoiles ; la fiction confie une rivière à son avocate. Ces morceaux relient l’attention intérieure aux gestes partagés. Chacun possède sa manière d’ouvrir une place dans le monde.

Carlos Chapman, création musicale hybride

Artiste
Carlos Chapman
Publication musicale
14 octobre 2026

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