Pochette de Assemblée Magique des Peuples (rap)

Qui parle à leur place ?Piste 2 sur 8

Assemblée Magique des Peuples (rap)

Une télécommande du temps, une rivière à l’assemblée, des licornes aux frontières : le futur répond avec une malice politique très terrestre.

Carlos Chapman14 octobre 20263:54

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Ce que porte ce morceau.

Allô… j’ai trouvé une télécommande qui change de siècle. Chaque « Zap ! » déplace une institution : l’armée devient secours, les prisons jardins, les frontières pâture à licornes. La rime accueille le seigle, l’aigle et l’artisan espiègle ; un général reconverti en barde chante faux avec application.

Dans cette assemblée, la rivière possède une place et la résidence donne voix. Je fais entrer les ressources, la réparation, le revenu, l’éducation et le vivant dans une même fantaisie politique. Le passage par la main d’ocre ramène tout à une trace très simple : quelqu’un était là. Puis le refrain reprend sa ronde. Ce futur parle avec des outils, des plantes, des gestes et assez d’humour pour qu’on ait envie d’y rester.

Paroles

Français

Allô… allô… est-ce que ça passe, là-bas, dans votre siècle ?

Ici c’est moi, un peu plus loin sur la route.

J’ai trouvé la télécommande du temps.

Je zappe.

Quatre mille voix tressées sous la voûte d’une seule chambre,

Pas d’élus : des présents. Habiter, c’est être membre.

La bergère, le soudeur, la gamine aux yeux d’ambre,

Et la rivière en personne, qui siège depuis novembre.

On a dissous les partis comme on dissipe un tumulte,

Ni gourou ni chef de meute, ni campagne ni culte ;

Au centre, un miroir d’obsidienne que chacun consulte :

Qui ment s’y voit en fumée, et tout l’hémicycle exulte.

Ici, personne ne te demande ta souche,

On te demande ce que tes mains touchent :

La terre où tu restes, pas celle qui t’accouche…

Et la dernière cartouche siffle un air au coin d’une bouche !

Zap ! Les bornes-frontières broutées par des licornes,

Zap ! Les canons fondus en cloches et en cornes,

Zap ! On fait la ronde du Cancer au Capricorne,

Je vous parle du futur, et le futur n’a plus de bornes !

T’es d’où ? D’ici !

Depuis quand ? Depuis que j’y respire !

×2

La monnaie ? Une seule, légère, à peine un chiffre

Qu’on se passe en chantonnant comme on se prête un fifre ;

Le revenu tombe à l’aube, même un enfant le déchiffre :

Assez pour vivre debout, et plus personne ne s’empiffre.

Sourciers et satellites comptent l’eau, le cuivre, le seigle,

On partage d’un seul regard, de très haut, comme un aigle ;

Les machines vivent cent ans, la panne n’est plus la règle,

Et l’artisan qui répare est un sorcier espiègle.

Zap ! Les arsenaux en fusion, j’ai vu fondre les hallebardes,

On en a fait des charrues, des tambours, des guimbardes ;

Le dernier général s’est reconverti en barde :

Il chante faux, mais il chante, et la paix monte la garde.

Zap ! L’armée du monde débarque en sauveteurs, sans heaume,

Avec des pelles, de l’eau claire, des berceaux et du baume ;

Les gardiens de la paix n’ont plus d’autre arme que leurs paumes,

Et les prisons sont devenues des jardins sous le chaume.

Plus de bourreau, plus d’échafaud, plus de cellule-tombe :

On répare en rêvant, chaque nuit lâche sa colombe ;

La Mutuelle des Peuples soigne en averse, soigne en trombe,

Et l’élixir de l’aube a remplacé l’hécatombe.

Avant les drapeaux, les couronnes et le cadastre,

Quelqu’un souffla de l’ocre autour de sa main, loin des astres.

Pas un titre, pas un sang, pas le butin d’un désastre :

Juste « j’étais là ». La paume où toute la Terre s’encastre.

Depuis, le chêne a voix, la rivière a son avocate,

Le loup signe la Charte d’une empreinte délicate,

On dessale la mer, on la verse au sable en sonate,

Et le désert reverdit : vert, puis mauve, puis écarlate.

Zap ! Les villes sont des serres, des coupoles de rhubarbe,

Des toits de thym, des façades tressées de joubarbe ;

On y mange ce qu’on sème, la cité rit dans sa barbe,

Et les feux d’artifice ont vidé la sainte-barbe.

Zap ! Les portails tournent sous nos pas comme les sillons d’un disque,

Plus de visa, plus de tampon, plus de mur, plus d’obélisque ;

Le seul guichet qui reste est tenu par un basilisque

Qui demande en souriant : « Tu restes ? » Et c’est tout le risque.

Zap ! Les écrans n’endorment plus, ils enseignent l’algèbre

Du doute et de l’écoute, qui dissout les ténèbres ;

Les druides font école dehors, sous un tilleul célèbre,

Et chaque gamin sait lire un nuage, une pierre, un zèbre.

Zap ! Les bornes-frontières broutées par des licornes,

Zap ! Les canons fondus en cloches et en cornes,

Zap ! On fait la ronde du Cancer au Capricorne,

Venez, je vous attends : le futur n’a plus de bornes !

Ceci est un souvenir que vous n’avez pas encore.

Restez. Soignez. Posez la main quelque part.

On se retrouve ici.

Texte d’origine, tel que publié sur SoundCloud

Une télécommande du temps, une rivière à l’assemblée, des licornes aux frontières : le futur répond avec une malice politique très terrestre.

Allô, est-ce que ça passe dans votre siècle ? Une télécommande ouvre une assemblée où la rivière siège, les machines se réparent et les arsenaux deviennent instruments. Le rap avance par zappings, rimes en cascade et réponses collectives. Entre le basilisque du guichet et la main peinte à l’ocre, la fiction invente une citoyenneté fondée sur le fait d’habiter et de prendre soin.

Paroles intégrales : https://radiodufutur.com/musiques/chansons/assemblee-magique-des-peuples-rap/

« Assemblée Magique des Peuples (rap) » — piste 2/8 de « Qui parle à leur place ? » — Carlos Chapman.

https://radiodufutur.com/participer/

Repères

Album
Qui parle à leur place ?
Publication
14 octobre 2026
Durée
3:54
Genre
Hip-hop & Rap