Pochette de Libellule

Album · 26 septembre 2026

Créations musicales hybridesVoix, instruments et paysages sonores

Libellule

langagesterritoireskairophonie

Texte original de l’album

Ce que porte cette œuvre.

J'explore différentes manières de faire circuler la musique entre les langues, les corps, la nature, la mémoire et l’imaginaire.

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  1. 014:07Sa page →
    Lire les paroles Vocalises

    Langage expérimental

    ouverture · drone grave · pulsation lente Mnēmosynē · memoria · Muninn Nisaba · Smṛti · Sarasvatī refrain · polyphonie circulaire Mnēmosynē · memoria ∴ 記憶 · 기억 · ذاكرة · זיכרון whakapapa · yuyay ∴ ìrántí · Òrúnmìlà couplet I · chœur grave Seshat · Seanchas · Aj Tz’íb’ · Tlacuilo 文 · 記 · cof · hafıza couplet I · chœur aigu Anansesem · kumbukumbu · Nisaba · Smṛti refrain · battements de mains Mnēmosynē · memoria ∴ 記憶 · 기억 · ذاكرة · זיכרון whakapapa · yuyay ∴ ìrántí · Òrúnmìlà pont · voix libres éclatées 记 ∴ 記憶 ∴ hafıza ∴ yuyay Muninn ∴ Nisaba ∴ memoria refrain final · polyphonie ascendante Mnēmosynē · memoria ∴ 記憶 · 기억 · ذاكرة · זיכרון whakapapa · yuyay ∴ ìrántí · Òrúnmìlà coda · souffle unique · disparition lente Mnēmosynē … memoria … Muninn Mnēmosynē · memoria · Muninn Nisaba · Anansesem · kumbukumbu Smṛti · Sarasvatī · Seshat · Seanchas Aj Tz’íb’ · Tlacuilo 기억 · cof · whakapapa ذاكرة · זיכרון · یاد · hafıza 文 · 記 · 記憶 · yuyay · ìrántí · Òrúnmìlà
  2. 023:55Sa page →
    Lire les paroles Partition chantée

    Partition codique ADN

    intro — BAS TAA u— o— u— KW02 ䷁ ☷☷ ☍ ⌀ Σ6 TAA u— o— u— L0 S氵 P0 ƒ288 H07 Ε2 Κ1 Σ7 TAA u— o— u— ⌇⌇ 網 罒 川 泉 ⨁ TAA u— o— u— KW24 ䷗ Φ19 κ2 c7 verse — BAR CAA CAG CAT om— na— om— KW15 ䷎ ☷☶ Ⰱ ⌾ CAA CAG CAT om— na— om— L1 S木 P1 ƒ432 H06 Ε3 Κ2 Σ6 CAA CAG CAT om— na— om— 結 絡 線 ⌇⌇ 網 CAA CAG CAT om— na— om— KW18 ䷑ Φ33 κ3 c6 chorus — MEZ CAA CAG CAT la— la— lai— KW11 ䷊ ☰☷ ⇄ ⍟ CAA CAG CAT la— la— lai— L2 S氵 P2 ƒ384 H08 Ε4 Κ1 Σ5 CAA CAG CAT la— la— lai— 氵 川 渦 波 〰 ✣ CAA CAG CAT la— la— lai— KW19 ䷒ Φ11 κ2 c8 bridge — TEN AGC CAG TAT ga— ga— gat— KW52 ䷳ ☶☶ ⟁ ⌇⌇ AGC CAG TAT ga— ga— gat— L3 S石 P3 ƒ216 H05 Ε5 Κ4 Σ8 AGC CAG TAT ga— ga— gat— X Y Z Φ κ Σ ƒ AGC CAG TAT ga— ga— gat— KW46 ䷭ Φ27 κ3 c7 chorus — SOP AAC AAG AAT yi— i— yi— KW27 ䷚ ☶☳ ✶ ⍟ AAC AAG AAT yi— i— yi— L2 S木 P2 ƒ512 H06 Ε4 Κ2 Σ5 AAC AAG AAT yi— i— yi— ☉ ⚪ ⍜ ✦ ✶ ⌾ AAC AAG AAT yi— i— yi— KW36 ䷣ Φ15 κ2 c6 outro — CON TAA TAT am— a— am— KW07 ䷆ ☷☵ ∞ ⌾ TAA TAT am— a— am— L1 S氵 P1 ƒ288 H07 Ε2 Κ1 Σ7 TAA TAT am— a— am— Σ Σ Φ Φ κ κ TAA TAT am— a— am— KW23 ䷖ ☶☷ ☍ ⌀ Ici, la marche s’ouvre, Une journée debout, posée, claire. Des mains se lèvent, des cercles respirent, Le temps devient place à partager. Ici, quand tout s’accélère, je choisis la mesure, Je reviens au souffle, je reviens au regard. On se rencontre pour tenir le réel ensemble, Et le monde retrouve son axe, à hauteur de paume. Aquí, la tierra vibra, Los cuerpos se rassemblan, el alma se déplie. La voz se cruza con la mirada, Y el mañana entre dans le geste. Hapa, ardhi inasikiliza, Miduara iko wazi, mioyo hushikana. Hatua ni mwanga, mikono ni daraja, Watu huunganika, dunia hutulia. Everywhere, the ground is listening, Circles move gently, breath becomes order. Presence meets presence, eyes stay steady, Steps agree on what matters. هنا، نبضُ الأرضِ يتّسع المجالسُ مفتوحة، الأرواحُ تتواصل كلُّ خطوةٍ تزرعُ حضورًا كلُّ لقاءٍ يولدُ مجالًا جديدًا Ici — partout. Aquí — en todas partes. Hapa — kila mahali. Everywhere — now. هنا — في كل مكان. Ici, l’appel devient simple et fort : Apporte une chaise. Ouvre un espace. Pose ton téléphone. Pose tes épaules. Écoute vraiment. Parle juste. Tiens la main levée comme une promesse de soin. Et marche — avec nous.
  3. 033:52Sa page →
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    Français

    Ici, la marche s’ouvre, Une journée debout, posée, claire. Des mains se lèvent, des cercles respirent, Le temps devient place à partager. Ici, quand tout s’accélère, je choisis la mesure, Je reviens au souffle, je reviens au regard. On se rencontre pour tenir le réel ensemble, Et le monde retrouve son axe, à hauteur de paume. Aquí, la tierra vibra, Los cuerpos se rassemblan, el alma se déplie. La voz se cruza con la mirada, Y el mañana entre dans le geste. Hapa, ardhi inasikiliza, Miduara iko wazi, mioyo hushikana. Hatua ni mwanga, mikono ni daraja, Watu huunganika, dunia hutulia. Everywhere, the ground is listening, Circles move gently, breath becomes order. Presence meets presence, eyes stay steady, Steps agree on what matters. هنا، نبضُ الأرضِ يتّسع المجالسُ مفتوحة، الأرواحُ تتواصل كلُّ خطوةٍ تزرعُ حضورًا كلُّ لقاءٍ يولدُ مجالًا جديدًا Ici — partout. Aquí — en todas partes. Hapa — kila mahali. Everywhere — now. هنا — في كل مكان. Ici, l’appel devient simple et fort : Apporte une chaise. Ouvre un espace. Pose ton téléphone. Pose tes épaules. Écoute vraiment. Parle juste. Tiens la main levée comme une promesse de soin. Et marche — avec nous.
  4. 042:28Sa page →
    Lire les paroles Partition chantée

    Partition codique ADN

    0:00–0:14, field only, outdoor air, natural birds, no human voice 0:14–0:38, CAA, low stone resonance enters, subtle pulse develops GCG, air moving across the stereo field ⌘ short residues between attacks 0:38–1:02, AGT, first human breath voice, close, physical, rhythm 4+3+8 i—ou—u AGT returns fragmented, distributed between breath and low body tone i— ou— 1:02–1:28, CGT, stone resonance moves into the body, pulse becomes clearer, rhythm 2+3+8 kə—o—o short instrumental continuation, CAA and GCG crossing without full voice 1:28–1:56, ⬡ co-presence, bird left, body centre, stone right, independent layers organic coded percussion grows from breath, wood and mineral transients AGT fragments answer CGT fragments without forming the full phrase i— o— kə— o— 1:56–2:26, ∞ generational expansion, CAA and CGT return at multiple temporal scales first layer close and rhythmic second layer slower and more distant third layer broad, low and nearly disappearing mm— o— mm— 2:26–2:52, GCG circulation section, air and rhythm move more actively body pulse becomes the strongest point so far brief fragments of AGT and TAG phonation appear separately, never consecutively i—ou ti— short breath gap 2:52–3:18, preparation of the vocal threshold, layers gradually converge CAA low CGT inside the body GCG moving outward percussion simplifies ⌾ voice becomes fully open 3:18–3:30, single complete rising statement, AGT → CGT → TAG i—ou ko ti 3:30–3:38, 〰 final vowel spreads into the air ⌘ faint residue, generated layers disappear 3:38–3:52, field only, human voice absent, natural birds and outdoor air remain, no final chord
  5. 055:26Sa page →
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    Multilingue

    chants profonds et mélodiques, dynamiques et doux. ತూనೀగ నీటిలో పుట్టి ఆకాశాన్ని చేరుతుంది. व्याध-पतंग पानी से उठकर आकाश छूता है। اليعسوب يخرج من الماء ويحمل الضوء. Silence. Libellule, l’eau devient ciel sous tes ailes. --- ## COUPLET I — ÉMERGENCE Le rythme commence. Pulsation légère, irrégulière. بھنبھیری پانی سے اٹھ کر روشنی میں اڑتی ہے۔ Kereng'ende hutoka majini, hufuata mwanga. Ɗan mazarin-iya ya tashi daga ruwa, ya bi haske. أبو مغزل طالع من الميّه ورايح للنور. Les quatre dernières syllabes deviennent des échos. ... lumière ... mwanga ... haske ... نور --- ## REFRAIN I — AU-DESSUS DE L’EAU Ouverture harmonique. Les voix commencent à se superposer. Libélula, lleva la luz sobre el agua. A libélula dança onde a água encontra o céu. Capung menari di atas air, dekat langit. Dragonfly, carry the morning on your wings. Chœur murmuré derrière Libellule Libélula Libelle Dragonfly --- ## COUPLET II — TOUCHER La musique devient plus mobile. Percussions fines, rapides. 蜻蜓点水,带走一束光。 ফড়িং জলের বুক ছুঁয়ে আলো নিয়ে উড়ে। Стрекоза касается воды и ловит свет. 蜻蜓掠過水面,光跟住佢飛。 Chaque phrase entre avant que la précédente soit terminée. Qīngtíng Phoṛing Strekoza Cing ting Les noms deviennent rythme. Qīng-tíng Pho-ring Stre-ko-za Cing-ting --- ## REFRAIN II — DANSE Première montée forte. Dragonfly dey dance for water top, light dey follow am. ڈریگن فلائی پانی اُتے اک پل نچدی اے۔ Yusufçuk suyun üstünde bir an asılı kalır. चतुर पाण्यावर थांबतो, मग प्रकाशाकडे झेप घेतो। Arrêt brutal. Yusufçuk... Vol stationnaire. Une seule note tenue. ... asılı kalır. --- ## INTERLUDE — QUATRE AILES Instrumental. Les voix sont coupées en fragments. Tu-tu-bi Ton-bo Chuồn-chuồn Taṭ-ṭāṉ Tu-tu-bi Ton-bo Chuồn-chuồn Taṭ-ṭāṉ Les quatre motifs tournent comme quatre ailes indépendantes. Tonbo — Tutubi Tonbo — Tutubi Chuồn chuồn — Taṭṭāṉ Chuồn chuồn — Taṭṭāṉ Accélération. --- ## COUPLET III — LES SAISONS Le morceau respire. Espace, vent, sons extérieurs. 赤とんぼ、秋を連れてくる。 Chuồn chuồn bay, gió đổi mùa. Die Libelle trägt den Sommer übers Wasser. Long espace. Été... Automne... Vent... Eau... --- ## REFRAIN III — MÉMOIRE Plus intime. Voix proche du micro. Tutubi, dalhin mo ang alaala ng palayan. தட்டான் நீர்மேல் ஒளியுடன் பறக்கிறது. Une seconde voix reprend seulement certains mots. Tutubi... alaala... Taṭṭāṉ... oḷi... La mémoire devient lumière. --- ## PONT — L’INSTANT SUSPENDU Presque sans rythme. Yusufçuk suyun üstünde bir an asılı kalır. Silence. Libellule... Silence plus long. L’eau devient ciel sous tes ailes. Une respiration. --- ## GRANDE MONTÉE — LES 26 ESPRITS Les langues reviennent rapidement, une phrase par souffle. Dragonfly, carry the morning on your wings. 蜻蜓点水,带走一束光。 व्याध-पतंग पानी से उठकर आकाश छूता है। Libélula, lleva la luz sobre el agua. اليعسوب يخرج من الماء ويحمل الضوء. Libellule, l’eau devient ciel sous tes ailes. ফড়িং জলের বুক ছুঁয়ে আলো নিয়ে উড়ে। A libélula dança onde a água encontra o céu. Capung menari di atas air, dekat langit. بھنبھیری پانی سے اٹھ کر روشنی میں اڑتی ہے۔ Стрекоза касается воды и ловит свет. Die Libelle trägt den Sommer übers Wasser. 赤とんぼ、秋を連れてくる。 Dragonfly dey dance for water top, light dey follow am. أبو مغزل طالع من الميّه ورايح للنور. चतुर पाण्यावर थांबतो, मग प्रकाशाकडे झेप घेतो। Chuồn chuồn bay, gió đổi mùa. తూనీగ నీటిలో పుట్టి ఆకాశాన్ని చేరుతుంది. Kereng'ende hutoka majini, hufuata mwanga. Ɗan mazarin-iya ya tashi daga ruwa, ya bi haske. Yusufçuk suyun üstünde bir an asılı kalır. ڈریگن فلائی پانی اُتے اک پل نچدی اے۔ Tutubi, dalhin mo ang alaala ng palayan. தட்டான் நீர்மேல் ஒளியுடன் பறக்கிறது. 蜻蜓掠過水面,光跟住佢飛。 蜻蜓,水光。 --- ## CLIMAX — NUÉE Toutes les voix commencent à se chevaucher. Dragonfly Qīngtíng Vyādh-pataṅg Libélula Yaʿsūb Libellule Phoṛing Libélula Capung Bhanbhīrī Strekoza Libelle Tonbo Dragonfly Abu maghzal Catur Chuồn chuồn Tūnīga Kereng'ende Ɗan mazarin-iya Yusufçuk Dragonfly Tutubi Taṭṭāṉ Cing ting Shin-din Les noms tournent, se croisent, deviennent texture. Tonbo Tutubi Qīngtíng Chuồn chuồn Tonbo Tutubi Qīngtíng Chuồn chuồn Kereng'ende Yusufçuk Strekoza Taṭṭāṉ La polyphonie atteint son maximum puis disparaît d’un coup. --- ## CODA — LUMIÈRE D’EAU Une voix seule. 蜻蜓,水光。 Une deuxième voix, très loin. Libellule... Une troisième. Tutubi... Souffle. Tonbo... Dernière vibration. 蜻蜓,水光。 Fin sur le bruit réel de l’eau.
  6. 064:16Sa page →
  7. 074:37Sa page →
  8. 083:14Sa page →
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    Français

    Dans le soir sans frontière, le Hibou-gardien des Aïnous ouvre les ailes du silence, il appelle les Mères-oiseaux du Bénin, leurs plumes de nuit frôlent la mer. Du nord arrive Biegga-Olmmái, l’Homme du Vent, porteur de tempêtes et de routes marines, derrière lui planent les Dames Blanches, elles chuchotent les départs des âmes. Les Gens-Oiseaux d’Amazonie retirent leur manteau de plumes, ils montrent des visages de parents célestes, leurs chants enseignent la couleur au monde. Les Maîtres du cygne des steppes sibériennes font vibrer l’air d’une mémoire de givre, ils rappellent que chaque battement d’aile trace un chemin entre les saisons. Au-dessus des lagons, l’Esprit-frégate des Kiribati danse avec l’Albatros-Ancêtre des Chatham, leurs cercles guident les navigateurs comme les étoiles d’avant l’écriture. Sur les toits d’Alsace, la Cigogne-veillante dresse ses pattes rouges dans le vent des naissances, et le Vent-père d’Islande offre une poignée de sel à la mer. Nous, humains, nous portons aussi des routes invisibles. Nos migrations sont des souvenirs d’oiseaux, nos rêves cherchent des nids lointains. Ils disent : « Le ciel n’a pas de frontière, le souffle appartient à tous les oiseaux migrateurs Celui qui n'oublie pas la route du vent garde en mémoire son propre corps. »
  9. 096:08Sa page →
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    Français

    Autour de l’Europe, la Turquie déploie ses ponts intérieurs, entre Anatolie, détroits, montagnes et mers. Des êtres humains y font tenir plusieurs mondes ensemble, ils créent, enseignent, accueillent, contestent, pendant que le pouvoir surveille, enferme, centralise et prétend parfois parler au nom de tous. Pourtant un pays déborde toujours de ceux qui le dirigent. Des millions d’existences dépassent les discours officiels, des solidarités circulent sous les slogans, et aucun drapeau ne contient tout un peuple. La Russie des peuples traverse des distances immenses. Russes, Tatars, Bouriates, Tchétchènes, Sakhas, et tant d’autres histoires vivent sous un même État. Des êtres humains écrivent, travaillent, élèvent leurs enfants, gardent leurs récits, cherchent des espaces de liberté, même lorsque le pouvoir exige l’obéissance. Les dirigeants parlent souvent d’une seule voix. Un peuple en porte des millions. La Géorgie, la Moldavie, l’Arménie avancent entre frontières fragiles et puissances voisines. Leurs habitants construisent, étudient, organisent, descendent dans la rue, défendent leurs choix, transmettent ce que d’autres générations ont sauvé. Les gouvernements calculent. Les empires poussent leurs intérêts. Les peuples continuent d’inventer leur direction. La Serbie, l’Albanie, le Monténégro, le Kosovo, la Bosnie savent ce que produit la politique lorsqu’elle transforme les différences humaines en armes. Et leurs habitants savent aussi ce que les cartes racontent mal : les familles mêlées, les amitiés qui traversent les frontières, les artistes qui travaillent ensemble, les jeunes qui refusent les haines préparées pour eux. Les partis réveillent parfois les anciennes blessures. Dans les rues, la vie fabrique déjà autre chose. Plus au sud, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc portent des sociétés inventives, savantes, contradictoires. Des êtres humains y créent des œuvres, des entreprises, des idées, font vivre des quartiers, des associations, des familles, et connaissent intimement la distance entre ce qu’un État proclame et ce qu’une population espère. Certains pouvoirs verrouillent, répriment, promettent. Les sociétés avancent quand même, par leurs enseignants, leurs travailleurs, leurs chercheurs, leurs artistes, leurs résistances quotidiennes. La Libye et l’Égypte portent des millénaires d’histoire et des présents beaucoup plus vastes que leurs monuments. Des êtres humains y bâtissent leur époque au milieu des pouvoirs militaires, économiques, religieux, des intérêts étrangers, des discours d’ordre. Ils soignent, étudient, commercent, inventent, et produisent chaque jour plus de réalité que les régimes qui prétendent les résumer. Et plus loin encore, la Palestine et Israël. Deux peuples liés à une même terre, deux sociétés chargées de mémoires immenses, prises aujourd’hui dans une violence et dans des rapports de pouvoir profondément inégaux. Des Palestiniens continuent de vivre, d’enseigner, de créer, de transmettre, d’organiser, de défendre leur existence. Des Israéliens refusent aussi que leur société soit condamnée à la guerre permanente, à la peur organisée, à la domination présentée comme sécurité. Les gouvernements peuvent construire des murs, ordonner des bombardements, armer les récits, transformer une peur en doctrine et une mémoire en justification. Les êtres humains peuvent ouvrir une autre voie : reconnaître la vie de l’autre sans abandonner la leur, refuser qu’un enfant reçoive en héritage une guerre commencée avant sa naissance. Alors toutes ces terres entrent dans le cercle avec leur puissance humaine entière. Des millions de personnes capables de créer, de soigner, de désobéir, de reconstruire, de changer d’idée, de transmettre, de réparer ce que les pouvoirs ont fracturé. Un gouvernement passe. Un régime croit parfois durer. Les peuples traversent davantage de temps. Ils gardent les savoirs. Ils transforment les villes. Ils reconstruisent après les guerres. Ils recommencent après les mensonges. Et lorsque les dirigeants réduisent le monde à des camps, des frontières, des ennemis, les êtres humains peuvent encore agrandir l’espace. Une école. Une grève. Une œuvre. Une place remplie. Une rencontre réelle. Les États parlent fort. Les peuples, eux, font durer le monde.
  10. 104:57Sa page →
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    Français

    intro / air bruits de vent, froissement d’herbe Ha–na–rua… souffle partagé, cœur des vents, Nous respirons ensemble. Ha–na–rua… la voix s’ouvre, se referme, revient. vocalise ha–na–rua–eya, ru–a–na–hei… couplet 1 / air Je respire où la feuille tremble, Dans la gorge du matin clair. Un battement, un seul, me relie à la terre, Le monde se glisse entre mes côtes. refrain / air Ha–na–rua… souffle partagé, cœur des vents, Nous respirons ensemble. transition / vers le feu grondement profond, nappes basses Rana–sol… feu caché, allume sans brûler, Forge nos voix dans l’ombre. couplet 2 / feu Sous la peau du monde, ça brûle encore, Les pierres rêvent d’être étoiles. Je marche dans le ventre rouge, Là où la nuit s’éclaire de l’intérieur. refrain / feu Rana–sol… feu caché, allume sans brûler, Forge nos voix dans l’ombre. vocalise chamanique o–ra–na–sol–ééa–na–ééa… pont instrumental / feu-terre guitare ou hang, pulsation basse, souffle amplifié couplet 3 / feu-terre Je tends les mains vers le sol ardent, Chaque étincelle dit ton nom. La peur devient chaleur, La chaleur devient prière. refrain / feu Rana–sol… feu caché, allume sans brûler, Forge nos voix dans l’ombre. transition / vers le temps battements d’horloge fondus dans le souffle Oréa–noa… cercle du jour, cercle du soir, Je marche dans ton recommencement. couplet 4 / temps Les saisons tournent en spirales lentes, L’eau revient boire à sa source. Rien ne finit, tout recommence, Même le silence a un futur. refrain / temps Oréa–noa… cercle du jour, cercle du soir, Je marche dans ton recommencement. pont vocal / fusion des trois polyphonie en canon Ha–na–rua… Rana–sol… Oréa–noa… outro / coda murmuré Le vent, le feu, le temps, Une même main, trois doigts de lumière. Je redeviens fleuve, je redeviens flamme, Je redeviens souffle. chant final mmm…
  11. 114:08Sa page →
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    Français

    Couplet 1 – Les forêts d’Occident Genius loci, numen, dryade qui veille, hamadryade au cœur d’écorce immortelle. Nymphē, Aos Sí, daoine sì, sìth, bean-shìth aux cheveux de nuit. Tylwyth Teg, korrigan rieur, Basajaun puissant, duende danseur. Espíritu del monte, follet moqueur, Waldgeist ancien, bosgeest rêveur. Huldra, skogsrå, landvættir cachés, huldufólk, metsänhaltija sacrés. Tapio, Mielikki, metsahaldjas clair, Leshy, Lisovyk, Mavka, Leszy de l’air. Refrain Corps – Monde – Étoiles – Un seul souffle. Arbres et rivières portent nos voix. Corps – Monde – Étoiles – Un seul souffle. Chaque nom réveille la forêt en soi. Couplet 2 – L’Asie des montagnes Kami, kodama, yama-no-kami, kamuy, shānshén, tǔdìshén amis. Shùshén, shùjīng, sansin d’altitude, seonangsin, Thần rừng, vertes multitudes. Thổ địa, phi pa, phi ton mai, Nang Ta-khian, neak ta, gardiens du mai. Penunggu, hantu hutan, datuk keramat, anito, diwata, kapre, engkanto éclat. Yul lha, lu, klu des hauteurs glacées, dragons d’eau, oracles cachés. Refrain Corps – Monde – Étoiles – Un seul souffle… Couplet 3 – Inde et terres du feu Vanadevatā, vṛkṣa-devatā, yakṣa, yakṣiṇī, Nāga qui ondule, forêts infinies. Banadebatā, Ayyanar, maram dēvatai, Chettu Devudu, Vanadevata, yakka qui veille là-bas. Couplet 4 – Déserts et steppes Jinn, rūḥ al-makān, perī lumineuse, fravaši des ancêtres, présence mystérieuse. Orman iyesi, Şüräle rieur, ongod, savdag, gazryn ezen voyageur. Couplet 5 – Afrique vivante Òrìṣà, Òsanyìn, Òṣun des rivières, Ògún de fer, alusi de lumière. Ala, mmụọ, abosom Akan, Asase Yaa, Aziza, Vodun, ancien chant. Mizimu, pepo, mhondoro lion, shavi, amadlozi, tokoloshe fripon, kalanoro, Kaggen mante farceur, esprits de savane, gardiens du cœur. Pont (chuchoté / parlé) Manitou, manitô, Wakȟáŋ Tȟáŋka, Canotila, kachina, inua, sila. Tuurngait, zemí, nāhualli, nagual, alux, ngen, apu andin, Sachamama, Yakumama spiral. Curupira, Caipora, Iara qui nage, Pombero rieur, gardiens des âges. Final océanique Atua, taniwha, kaitiaki des lagons, tipua, akua, kupua, menehune frissons. Aitu, kalou, vu, Mimi du rocher, Mokuy nocturne, Bunyip marécage secret. Masalai des forêts de brume, un seul souffle traverse la plume. Refrain final (crescendo) Corps – Monde – Étoiles – Un seul souffle Nos pas résonnent dans la sève ancienne. Corps – Monde – Étoiles – Un seul souffle Les esprits veillent, et la Terre se souvient.
  12. 124:34Sa page →
    Lire les paroles Partition chantée

    Glyphes et langage kaïrophonique

    ✶☲⊙∿⌇⌇Ϟ☍⌀|Esprits·Joie·Sauvage intro – voix multiples, rires, cris d’oiseaux Aya–toru… Aya–toru… ⌀·⌇⌇·𓏲𓏲·ᛚᛚ·鸟鸟·haha ☰☲☳·ᚁᚂᚃ·יסוד·बीज·ج·𐤀·ⰀⰁ·𓇼𓁿·ᚠᚨ·ᄋᄋ·ᛒ·竹木 Ouverture : ⌇⌇ (pulsation), ⌀ (espace). couplet I – soliste बीज–प्राण–नाद · ∿–⌇⌇–πνοή · רוח–نور ☍–竹–木–ᚁ · ☲–Ϟ–✶ · 風–鸟 空–無–⌀ · ॐ–⊙–◉ · ሀ–ⴰ–Ա–Ⴀ ☰–☲–☴ · ᚠ–ᚦ–ᚨ · Ⰰ–Ⰱ–Ⰲ · 𓇼–𓁿 Croissance/souffle/feu ancrés dans familles 26×26. couplet I – chœurs (appels/réponses) ᚁ–ᛚ–ᛒ–ᚁ · ⌇⌇⌇⌇⌇⌇ · 𓏲 鸟鸟鸟 ⇄ ◌̀ · ◌͂ · ◌̄ گُل–جَمَل–نَفَس · יסוד–לב · βίος–φῶς ⰀⰁⰂ · ԱԻ · ሀለ · ᄋᄋ Neumes en commentaires : ◌̀ (punctum), ◌͂ (mora), ◌̄ (tenor). refrain – appel Aya–toru — ⌇⌇⌇⌇ — ⊙ ✶–☍–⌇⌇–Ϟ–☲ ∞–∿–⌇⌇ — Aya–toru Ancrage rythme/feu/élan. refrain – réponse (poly-chœur, 4 nappes) [Voix A] ✶–☍–⌇⌇–⊙ [Voix B] Ϟ–☲–Ϟ–☲ [Voix C] ∿∿∿–⌀ Voix D] ☱–☲–☳ [tuilage YiJing [Tous] Aya–toru — ◉ — ◌̄ — ◉ Le terme “tenor” passe en symbole neume ◌̄ ; aucune langue dans le chant. couplet II – soliste + échos 山–觀–𓂀 · ᚠᚨᛞ · 竹–木–枝 𓇼–天–門–𓁿 · Ⰰ–Ⰱ · Ա–Ի · ሀ–ለ ב–𐤀–影–塵–跳 · ᄋᄋᄋ 鸟鸟鸟 ⇄ ◌͜ · ◌͝ · ◌͡ Neumes composés indiqués en commentaire. couplet II – antiphonie (groupe) ☲–✶–◉–☲–✶–◉ ᛚᛚ–竹–木–ᛚᛚ–竹–木 יסוד–ב–יסוד–ב–יסוד ⌇⌇–𓏲–𓏲–⌇⌇–𓏲 Voix percussives + fondations (יסוד). pont – chants & vocalises tribales heya–na–to–ra–aya–toru–é–é–é… ho–ya–na–ke–ra–so–lu–é–é–é… ⟁⟁⟁ — 觀觀觀 — ∿∿∿ ج–יסוד–𐰋 — ᚁ–竹–木 — ☍ Contours : runes/heb/tifinagh + bois/croissance. interlude – cercle rythmique ⌇⌇⌇⌇⌇⌇ · 𓏲𓏲𓏲 ∞↔☍ · ∿↔☲ · ◉↔✶ 空–無–⌀ — haha — 鸟鸟 Ⰰ–Ա–ሀ–ᄋ Stomp/paumes/poitrine ; canon multiracines. refrain – montée 1 Aya–toru — ⌇⌇ — ⊙ ✶–☍–Ϟ–☲ ∞∞–∿∿–◉ Aya–toru — Aya–toru refrain – montée 2 (tutti éclaté) ☰☲☳ · ✶✶ · ⌇⌇ ᚠᚨ · ϞϞ · ☲ ∿∿∿–⌀–∿∿∿ Aya–toru — ⊙ — ◉ — ⊙ refrain final – chœur complet (26 racines en circulation) ☲–✶–∿–◉ — 光–نور–φῶς–אור ⌀ — 𓏲𓏲 — قلب–לב — ᄋᄋ ∞–☍–∿–⌇⌇ — 天–आकाश–կամար–天空 Aya–toru — ☰☲☴ — ᚁᚂᚃ — ⰀⰁⰂ — 𓇼𓁿 Quadri-lumière (CN/AR/GR/HE), ciels croisés (CN/Sa/Hy/ZH). outro – grand éclat de rire, tambour seul, battement de cœur amplifié haha — haha — haha ⌀–⚪–☍ — ⌇⌇ — 𓏲 Extinction sur ⌀.
    Français
    intro – voix multiples, rires, cris d’oiseaux Aya–toru… Aya–toru… Le vent rit, la terre danse. couplet 1 Sous mes pieds le monde pulse, Chaque pas devient feu d’artifice. Je ne cherche rien, j’explose, Mon souffle roule dans le vent. refrain Aya–toru, cœur bondissant, Danse ta lumière jusqu’à l’épuisement heureux. Aya–toru, corps éclatant, Tourne, ris, brûle, redeviens feu. couplet 2 Les collines répondent en écho, Le ciel s’ouvre comme un tambour. Nos ombres sautent dans la poussière, Les oiseaux deviennent percussion. refrain Aya–toru, cœur bondissant, Danse ta lumière jusqu’à l’épuisement heureux. Aya–toru, corps éclatant, Tourne, ris, brûle, redeviens feu. pont – chants et vocalises tribales heya–na–to–ra–aya–toru–é–é–é… ho–ya–na–ke–ra–so–lu–é–é–é… refrain final – chœur complet Aya–toru, joie sauvage, Ton rire guérit les battements du monde. Aya–toru, lumière mouvante, Danse encore, jusqu’à devenir ciel. outro – grand éclat de rire collectif, tambour seul, battement de cœur amplifié

Récit complet

L’album, de l’intérieur.

C’est aussi une étape de ma démarche de création musicale hybride, entre écriture, composition, prises de son, recherche sonore, Langage Vivant, expérimentations kaïrophoniques et outils numériques.

Je vais partager progressivement les morceaux, les images, les partitions expérimentales et les clips qui les accompagnent. Si vous avez envie de suivre cette recherche, vous pouvez écouter, liker, partager les titres et me dire ceux qui vous touchent le plus.

Le premier clip est déjà ouvert à participation : Dancing for the Future. L’idée est simple : des personnes dansent depuis différents endroits du monde, chacune avec son geste, son lieu, son énergie.

https://contribuer.radiodufutur.com/dancing

Ce sera le premier d’une série. Il y aura d’autres clips participatifs, d’autres appels, d’autres formes, traversant peu à peu des villes, des paysages, des langues et des personnes. Peut-être qu’un jour ou l’autre, l’un de ces projets passera près de chez vous.

Carlos Chapman — création musicale hybride, images et recherches artistiques.

Artiste
Carlos Chapman
Publication musicale
26 septembre 2026

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