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LibellulePiste 9 sur 12

COURONNE DES LIENS - Le souffle d'Europa

Carlos Chapman26 septembre 20266:08

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Paroles

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Autour de l’Europe, la Turquie déploie ses ponts intérieurs,

entre Anatolie, détroits, montagnes et mers.

Des êtres humains y font tenir plusieurs mondes ensemble,

ils créent, enseignent, accueillent, contestent,

pendant que le pouvoir surveille, enferme, centralise

et prétend parfois parler au nom de tous.

Pourtant un pays déborde toujours de ceux qui le dirigent.

Des millions d’existences dépassent les discours officiels,

des solidarités circulent sous les slogans,

et aucun drapeau ne contient tout un peuple.

La Russie des peuples traverse des distances immenses.

Russes, Tatars, Bouriates, Tchétchènes, Sakhas,

et tant d’autres histoires vivent sous un même État.

Des êtres humains écrivent, travaillent, élèvent leurs enfants,

gardent leurs récits, cherchent des espaces de liberté,

même lorsque le pouvoir exige l’obéissance.

Les dirigeants parlent souvent d’une seule voix.

Un peuple en porte des millions.

La Géorgie, la Moldavie, l’Arménie

avancent entre frontières fragiles et puissances voisines.

Leurs habitants construisent, étudient, organisent,

descendent dans la rue, défendent leurs choix,

transmettent ce que d’autres générations ont sauvé.

Les gouvernements calculent.

Les empires poussent leurs intérêts.

Les peuples continuent d’inventer leur direction.

La Serbie, l’Albanie, le Monténégro,

le Kosovo, la Bosnie

savent ce que produit la politique

lorsqu’elle transforme les différences humaines en armes.

Et leurs habitants savent aussi

ce que les cartes racontent mal :

les familles mêlées, les amitiés qui traversent les frontières,

les artistes qui travaillent ensemble,

les jeunes qui refusent les haines préparées pour eux.

Les partis réveillent parfois les anciennes blessures.

Dans les rues, la vie fabrique déjà autre chose.

Plus au sud, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc

portent des sociétés inventives, savantes, contradictoires.

Des êtres humains y créent des œuvres, des entreprises, des idées,

font vivre des quartiers, des associations, des familles,

et connaissent intimement la distance

entre ce qu’un État proclame

et ce qu’une population espère.

Certains pouvoirs verrouillent, répriment, promettent.

Les sociétés avancent quand même,

par leurs enseignants, leurs travailleurs, leurs chercheurs,

leurs artistes, leurs résistances quotidiennes.

La Libye et l’Égypte portent des millénaires d’histoire

et des présents beaucoup plus vastes que leurs monuments.

Des êtres humains y bâtissent leur époque

au milieu des pouvoirs militaires, économiques, religieux,

des intérêts étrangers, des discours d’ordre.

Ils soignent, étudient, commercent, inventent,

et produisent chaque jour plus de réalité

que les régimes qui prétendent les résumer.

Et plus loin encore,

la Palestine et Israël.

Deux peuples liés à une même terre,

deux sociétés chargées de mémoires immenses,

prises aujourd’hui dans une violence

et dans des rapports de pouvoir profondément inégaux.

Des Palestiniens continuent de vivre, d’enseigner, de créer,

de transmettre, d’organiser, de défendre leur existence.

Des Israéliens refusent aussi

que leur société soit condamnée à la guerre permanente,

à la peur organisée,

à la domination présentée comme sécurité.

Les gouvernements peuvent construire des murs,

ordonner des bombardements, armer les récits,

transformer une peur en doctrine

et une mémoire en justification.

Les êtres humains peuvent ouvrir une autre voie :

reconnaître la vie de l’autre

sans abandonner la leur,

refuser qu’un enfant reçoive en héritage

une guerre commencée avant sa naissance.

Alors toutes ces terres entrent dans le cercle

avec leur puissance humaine entière.

Des millions de personnes capables de créer,

de soigner, de désobéir, de reconstruire,

de changer d’idée, de transmettre,

de réparer ce que les pouvoirs ont fracturé.

Un gouvernement passe.

Un régime croit parfois durer.

Les peuples traversent davantage de temps.

Ils gardent les savoirs.

Ils transforment les villes.

Ils reconstruisent après les guerres.

Ils recommencent après les mensonges.

Et lorsque les dirigeants réduisent le monde

à des camps, des frontières, des ennemis,

les êtres humains peuvent encore agrandir l’espace.

Une école.

Une grève.

Une œuvre.

Une place remplie.

Une rencontre réelle.

Les États parlent fort.

Les peuples, eux,

font durer le monde.

Texte d’origine, tel que publié sur SoundCloud

« COURONNE DES LIENS - Le souffle d'Europa » — piste 9/12 de « Libellule » — Carlos Chapman.

J'explore différentes manières de faire circuler la musique entre les langues, les corps, la nature, la mémoire et l’imaginaire.

C’est aussi une étape de ma démarche de création musicale hybride, entre écriture, composition, prises de son, recherche sonore, Langage Vivant, expérimentations kaïrophoniques et outils numériques.

Je vais partager progressivement les morceaux, les images, les partitions expérimentales et les clips qui les accompagnent. Si vous avez envie de suivre cette recherche, vous pouvez écouter, liker, partager les titres et me dire ceux qui vous touchent le plus.

Le premier clip est déjà ouvert à participation : Dancing for the Future. L’idée est simple : des personnes dansent depuis différents endroits du monde, chacune avec son geste, son lieu, son énergie.

https://contribuer.radiodufutur.com/dancing

Ce sera le premier d’une série. Il y aura d’autres clips participatifs, d’autres appels, d’autres formes, traversant peu à peu des villes, des paysages, des langues et des personnes. Peut-être qu’un jour ou l’autre, l’un de ces projets passera près de chez vous.

Carlos Chapman — création musicale hybride, images et recherches artistiques.

Repères

Album
Libellule
Publication
26 septembre 2026
Durée
6:08
Genre
Trip-hop