Pochette de Police du Futur

Le Temps des PeuplesPiste 7 sur 8

Police du Futur

Carlos Chapman10 juillet 20253:24

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Texte d’origine

On t’a chargé de peurs, d’images préfabriquées, De silhouettes floues à traquer, désigner. Mais l’ennemi n’est pas dans la rue, ni dans les traits, Il est dans les récits qu’on te sert tout droit.

Viens, chère police, chère conscience armée, Déserte les ordres quand ils brisent l’humanité. Protège les faibles, et non les trônes, Sois la digue contre l’autoritaire cyclone. Regarde l’Histoire, ses peaux, ses blessures, Regarde les peuples qu’on a jetés aux murs. Tu n’es pas née pour frapper, ni pour haïr, Mais pour empêcher l’oubli, et faire tenir.

Ils t’ont dit : “eux, là-bas”, “ceux-là, attention”, Arabes, juifs, jeunes, pauvres — suspicion. Mais ce piège est ancien, il a mille costumes, Chaque fois qu’il revient, la République s’enrhume. On t’a enrôlé dans un théâtre d’ombres, Pendant qu’en haut, d’autres pillent dans les combles. Réveille-toi, sors du script, dévisse le rôle, La République, c’est pas une patrouille, c’est une parole.

Souviens-toi ! Vichy. Algérie. Souviens-toi ! Silence. Rafle. Colonie. Souviens-toi ! Luttes. 68. Répression. Souviens-toi ! Les mêmes mots, les mêmes prisons. Mais tu peux dire non. Tu peux dire stop. À l’obéissance vide, au glaive qui chope l’innocent, le rêveur, le passant qui parle d’égalité vraie sous les étoiles.

Viens, chère police, quitte les récits tordus, Rejoins le cercle des mains nues. Ceux qui bâtissent au lieu de diviser, Ceux qui refusent d’oublier, d’obtempérer. Car protéger, ce n’est pas soumettre, C’est refuser d’être l’ombre du maître. Le peuple n’est pas l’adversaire, ni la foule, Il est la voix, la cause, la houle.

Et si c’était toi, demain, le visage visé ? Ton enfant qu’on encercle, ton nom effacé ? Et si l’uniforme devenait cible, Sous un pouvoir brutal, instable, risible ? L’Histoire est un cercle, pas une ligne droite. Chaque matraque oubliée revient en croix. Mais toi, tu peux briser la chaîne, Choisir le cœur, desserrer la peine.

Viens, chère police, sois le bouclier du vrai. Protège l’arbre, l’enfant, la paix. Refuse les ordres qui désignent des “races”, Refuse les tyrans en costard ou en cravate. Rejoins les veilleurs, les vivants, les clairs, Ceux qui ne veulent plus de guerre. Sois lumière, pas torche pour l’enfer. Chère police — choisis l’univers.

Voici venir la Police du Futur, Pas de peur, pas de murs, Mais des ponts, des mots, des mains ouvertes, Des gestes qui pansent, qui tiennent les portes ouvertes. Formée en CNV, en mémoire, en lien, Elle désarme les conflits dès le matin. Elle connaît les traumas, les cycles de rage, Elle protège l’enfant, le fragile, le sage. Elle entre sans fracas, elle parle, elle entend, Elle n’humilie pas, elle éclaire en avançant. Elle ne frappe que pour sauver des vies, Pas pour obéir à des ordres pourris. Son arme, c’est l’écoute, sa force, la clarté, Elle connaît la douleur, elle la sait traverser. Elle n’est pas contre, elle est avec, Face à l’injustice, elle se lève, elle protège. Et parfois, oui, elle agit, elle maîtrise, sans haine, sans mépris, sans méprise. Elle est là quand ça chauffe, mais reste debout, avec nous, parmi nous.

Repères

Album
Le Temps des Peuples
Publication
10 juillet 2025
Durée
3:24
Genre
Hip-hop & Rap
  • territoires
  • vivant
  • paix