Le Géohumanisme est une philosophie qui replace l’être humain dans la Terre.
Il reconnaît l’humain comme une expression du vivant terrestre : une forme corporelle, technique, symbolique, narrative et relationnelle, capable de langage, de transformation, de destruction, de soin, de mémoire et de responsabilité.
L’humain appartient à la Terre. Il appartient aux sols, aux eaux, aux climats, aux espèces, aux matières, aux gestes, aux territoires, aux récits, aux outils, aux villes, aux machines, aux déchets, aux chants, aux langues, aux mémoires et aux futurs qu’il fabrique.
Le Géohumanisme dépasse l’humanisme classique en déplaçant son centre de gravité. L’humain garde toute sa dignité, toute sa puissance, toute sa légitimité, tout en étant réinscrit dans l’ensemble terrestre qui le rend possible.
L’être humain appartient pleinement à la nature. Sa culture en est une expression, produite par une espèce terrestre. Les maisons, les routes, les livres, les musiques, les images, les satellites, le pétrole extrait, le plastique, l’énergie nucléaire, les réseaux numériques et les déchets sont des transformations de la nature par l’humain.
Cette vision donne une responsabilité concrète. Une transformation humaine peut ouvrir des formes de soin, de beauté, de connaissance, d’habitation, de transmission. Elle peut aussi produire des sols morts, des eaux empoisonnées, des corps épuisés, des peuples humiliés, des récits capturés, des milieux rendus invivables.
Le Géohumanisme cherche donc à orienter la puissance humaine vers des milieux habitables, des sols préservés, des ressources non prédatrices, des techniques responsables, des récits réparateurs, des conflits nommés, des cohabitations durables avec le vivant.
Il affirme aussi la légitimité terrestre de chaque être humain. Chaque personne arrive sur Terre par un corps, une naissance, des passages, des lieux, des langues, des pertes, des transmissions et des histoires. Les territorialités existent : peuples, mémoires, frontières, attachements, conflits, héritages. Le Géohumanisme les reconnaît tout en les inscrivant dans une appartenance plus vaste : la Terre commune.
Le Géohumanisme est une philosophie du tout relié.
Les humains, les animaux, les plantes, les champignons, les bactéries, les pierres, les fleuves, les mers, les vents, les climats, les villes, les machines, les récits, les déchets, les musiques et les étoiles appartiennent à une même réalité en transformation.
Question centrale
