chambre en développement · Code régional

Le Traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est

Faire du non-recours à la force une règle régionale entre États récemment décolonisés

Temps24 février 1976TerritoireDenpasar, Bali — Asie du Sud-EstÉchelleEntre États · Régional
La question ouverte ici

Qu’est-ce que des humains ont inventé ici pour que d’autres humains puissent vivre ensemble avec moins de violence ?

Le geste de paix

Faire du non-recours à la force et du règlement pacifique une règle régionale entre États récemment décolonisés.

01Renoncer à la force
02Médier
03Ne pas contraindre
01

Récit

Date : 24 février 1976 Lieu : Denpasar, Bali, Indonésie Contexte : premier sommet de l’ASEAN Signataires initiaux : Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande Nom : Treaty of Amity and Cooperation in Southeast Asia — TAC Forme temporelle : code régional → adhésions → norme durable, mécanismes formels très peu utilisés

L’Asie du Sud-Est du milieu du XXe siècle est un espace marqué par :

  • colonisations européennes ;
  • occupation japonaise ;
  • guerres d’indépendance ;
  • conflits internes ;
  • Konfrontasi entre Indonésie et Malaisie ;
  • guerre du Vietnam ;
  • rivalités de Guerre froide ;
  • frontières et identités étatiques encore fragiles.

L’ASEAN est fondée en 1967 par cinq États.

Neuf ans plus tard, lors du premier sommet de Bali, ces États adoptent le Traité d’amitié et de coopération.

L’objet ne doit pas être raconté comme une copie régionale de la Charte des Nations Unies.

Le texte cite effectivement la Charte de l’ONU et les principes de Bandung.

Mais ce qui nous intéresse est la manière dont des gouvernements d’Asie du Sud-Est transforment leur expérience propre des rivalités régionales en code de conduite.

02

Six principes simples

L’article 2 inscrit notamment :

  • respect mutuel de l’indépendance et de la souveraineté ;
  • égalité et intégrité territoriale ;
  • droit de chaque État de mener son existence sans coercition extérieure ;
  • non-intervention dans les affaires intérieures ;
  • règlement pacifique des différends ;
  • renonciation à la menace ou à l’emploi de la force ;
  • coopération.

Ce qui frappe est la combinaison.

Souveraineté + non-intervention + non-force + négociation.

Le traité cherche à construire un environnement dans lequel des États récemment confrontés à la colonisation et aux rivalités régionales cessent de considérer l’ingérence et la coercition comme des modes normaux de relation.

03

Le conflit ne disparaît pas — la manière de le traiter change

Les articles 13 à 17 organisent un mécanisme de règlement des différends.

Les parties doivent d’abord éviter la menace ou l’emploi de la force et chercher une négociation amicale.

Un High Council est prévu comme organe capable de connaître des situations menaçant la paix régionale.

Il peut recommander :

  • bons offices ;
  • médiation ;
  • enquête ;
  • conciliation.

Mais le système exige le consentement des parties.

Cette limite est majeure.

Le traité crée une architecture.

Les États choisissent pourtant très rarement de l’activer formellement.

Des recherches contemporaines soulignent que le High Council n’a jamais été utilisé comme mécanisme effectif de règlement d’un différend.

C’est une excellente étude de cas pour notre distinction :

L

Limites, tensions et contexte

Le mécanisme formel dépend du consentement des parties et le High Council a été très peu mobilisé. La norme et sa pratique doivent être lues séparément.

Changer d’axe

Cette histoire appartient à plusieurs temps.

Créer d’autres portes avant la guerreQuelles procédures ajoutent du temps et des choix avant la violence ?

Constellation documentaire

Des mécanismes voisins, ailleurs et autrement.

La Grande Loi de la Paix haudenosauneeHaudenosaunee / nord-est de l’Amérique du NordLa paix dite « perpétuelle » entre Pologne et Empire ottomanPologne / Empire ottomanLa Grande Paix de Montréal réorganise des relations entre nombreuses nationsMontréal / région des Grands LacsDes parlementaires créent un espace international permanent de dialogueParisLa première Conférence de La Haye crée un mécanisme permanent d’arbitrageLa HayeDes femmes de pays ennemis se réunissent à La Haye pendant la guerreLa Haye

Provenance

Sources, contexte et possibilité de vérification.

  1. ASEAN SecretariatTreaty of Amity and Cooperation in Southeast Asiaprimary treaty · vérifié le 2026-08-15
  2. ASEAN Secretariat Resource CentreText of the Treaty of Amity and Cooperation and Related Informationinstitutional archive · vérifié le 2026-08-15

Cette fiche distingue la trace documentée de son interprétation éditoriale. Elle peut évoluer avec de nouvelles sources sans perdre son URL.